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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15 |
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émission du lundi 5 janvier 2009
Peut-on encore faire des prévisions ?
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près la chute du Mur de Berlin et le grand hara-kiri du communisme en URSS, le monde était censé s’engager dans une période de paix et de prospérité jamais égalée grâce à la contagion démocratique et aux progrès du commerce. Deux ans plus tard, survenaient les attentats du 11 Septembre et la planète basculait dans une ère de guerres et de violences d’une rare intensité. Il y a un an, les instituts d’études économiques du monde entier nous promettaient une croissance mondiale historiquement forte, tirée par la consommation des ménages américains et les capitaux accumulés dans les pays émergents. On sait ce qu’il en advint.
« La prévision est difficile. Surtout lorsqu’elle concerne l’avenir », disait le regretté Pierre Dac. C’est cette idée que développe magnifiquement Nassim Nicholas Taleb dans un essai de parution récente, « Le cygne noir ».
« Prenez une dinde que l’on nourrit tous les jours, écrit Taleb. « Chaque apport de nourriture va la renforcer dans sa croyance que la règle générale de la vie est d’être nourrie quotidiennement par de sympathiques membres de la race humaine, ‘soucieux de ses intérêts’, comme le disent les hommes politiques. Le mercredi après-midi précédant Noël, quelque chose d’inattendu va arriver à la dinde, qui va l’amener à réviser ses croyances. […] Que peut apprendre une dinde sur ce qui lui réserve le lendemain, en se basant sur les évènements de la veille ? Beaucoup de choses, peut-être, mais sans doute un peu moins qu’elle ne le croit. C’est simplement ce ‘un peu moins’ qui fait toute la différence. »
Selon Taleb, dans le monde où nous sommes entrés, ce sont les évènements rares et extrêmes qui, dorénavant, seront vraiment significatifs. Car ce sont ceux qui provoquent des modifications décisives de trajectoires. L’histoire – aujourd’hui plus encore qu’hier - progresse par ruptures et par sauts dans l’inconnu. Il est donc de plus en plus difficile de prévoir de quoi demain sera fait en ce contentant d’extrapoler à partir de ce que nous savons – ou croyons savoir.
D’autant que nous avons la fâcheuse tendance à ne sélectionner, parmi les multiplicité des faits, ceux qui nous correspondent à nos croyances et à nos attentes. En économie, en démographie, du côté de l’évolution du climat comme dans celle des relations internationales, il est devenu aussi difficile d’ajouter foi aux pronostics que dans le domaine des courses hippiques. A fortiori lorsqu’il s’agit de l’économie mondiale…

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Nassim Nicholas Taleb (au téléphone depuis Beyrouth).
Essayiste
Mathématicien
« Philosophe du hasard » |
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Jean-Luc Biacabe.
Directeur de la prospective économique et sectorielle à la Chambre de Commerce et d'Industrie |
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Charles Du Granrut.
Membre du comité de rédaction de la revue Futuribles
Maître de Conférences à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris |
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les livres |
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Nassim Nicholas Taleb

Le cygne noir : la puissance de l'imprévisible
Belles lettres - 19 septembre 2008
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Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?
Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?
Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?
Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?
Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Dans cet ouvrage éclairant, plein d'esprit et d'impertinence, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.
Traduit de l'anglais par Christine Rimoldy avec la collaboration de l'auteur.
- quatrième de couverture -
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