


Magali Mosnier : elle a remporté haut la main le Concours de l'ARD de Munich en 2004 
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La preuve par Magali Mosnier
05 Janvier 2009
Magali Mosnier, flûte solo de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, jouera le 16 janvier Halil, le nocturne de Leonard Bernstein, sous la direction d'Andrey Boreyko.

Magali Mosnier, comment la flûte a-t-elle fait son entrée dans votre vie ?
— Mon premier contact avec les instruments a eu lieu quand j'avais sept ans. C'est d'abord le hautbois qui m'a intéressée, la flûte est venue dans un second temps, grâce à un professeur de l'École de musique de Montluçon, Franck Édouard. Puis elle ne m'a plus quittée, c'est l'instrument dans lequel je me retrouve le mieux. Ce qui ne veut pas dire que je sois attachée aux qualités de cet instrument en particulier : je ne cherche pas à tout prix à produire une belle sonorité de flûte, à élargir le vibrato, etc. Le son de l'instrument, pour moi, va de soi, et j'ai envie de faire porter mon inspiration au-delà, de chercher à sonner comme un basson ou comme une voix à tel ou tel moment. Je préfère me définir comme musicienne que comme flûtiste.
Quel type d'instrument jouez-vous ?
— Une flûte en or 14 carats fabriquée aux États-Unis par Brannen-Cooper, avec une embouchure Lafin. Certaines embouchures produisent leur propre son. C'est le cas de celle-ci, qui permet d'obtenir de la rondeur, de la chaleur, et me donne une aisance dans le détaché, dans le staccato, ainsi qu'une très belle ouverture dans tous les registres. L'or, éventuellement l'argent, me convient très bien. J'ai en revanche horreur des flûtes en platine ! L'essentiel est de se sentir à l'aise avec la densité du métal qu'il s'agit de faire vibrer. Je possède par ailleurs deux embouchures en bois, qui s'adaptent parfaitement à l'instrument mais ne permettent pas un staccato aussi précis. Je les utilise surtout pour travailler et non pas lors des concerts. Idéalement, j'aimerais pouvoir aborder plus tard le répertoire baroque et le répertoire classique, en compagnie de pianofortistes ou de petites formations, en jouant des instruments fabriqués par Claire Soubeyran, qui fabrique des traversos sans clefs de la période baroque mais aussi des flûtes en bois munies d'anneaux telles qu'on en trouvait lors de la période qui précède celle de Boehm, le facteur qui a mis au point le système de clefs qu'on utilise aujourd'hui.
En attendant, quel répertoire abordez-vous en tant que soliste ?
— Je joue tous les répertoires avec mon instrument, des concertos de Vivaldi et de Mozart à la Sonate pour flûte, alto et harpe de Debussy en passant par la Sonate pour flûte et piano de Poulenc et par le Concertino de Gounod, que j'ai enregistré*. J'aborde aussi volontiers la musique dite contemporaine : Further d'Éric Tanguy ou certaines pages de Bruno Mantovani prouvent que les jeunes compositeurs peuvent très bien écrire pour la flûte. Je serais très heureuse, également, si des musiciens comme Marc-André Dalbavie, Thomas Adès ou Peter Eötvös écrivaient un jour pour mon instrument.
Que vous a apporté votre victoire au concours de l'ARD de Munich ?
— De nombreux engagements, notamment en Allemagne. Je donne une trentaine de concerts par saison en tant que soliste, mais je me réjouis tous les jours de jouer au sein de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, qui m'apporte beaucoup d'équilibre personnel et musical.
Vous avez brillamment remporté ce premier prix en Allemagne, mais en même temps vous êtes une héritière de l'école française des instruments à vent...
— Oui, j'avais d'ailleurs remporté, trois ans plus tôt, le prix Jean-Pierre Rampal à Paris. Quand on écoute les disques de Rampal, on se dit, certes, qu'on ne joue plus tout à fait de la même manière aujourd'hui, mais qu'il y a toujours à apprendre chez cet immense musicien dont la tenue du souffle était exemplaire. Il est toujours difficile de définir les écoles nationales, surtout à une époque comme la nôtre où tout se mondialise, mais la manière française de jouer de la flûte serait plus aérienne, là où l'allemande serait peut-être plus terrienne. Savez-vous qu'un jeune flûtiste venu des États-Unis a choisi d'étudier en France avec Rampal non seulement pour perfectionner sa technique de l'instrument, mais aussi pour apprendre le français, car il était persuadé qu'il existe un lien entre la langue et la manière de jouer de la flûte ?
Propos recueillis par Christian Wasselin
* A écouter : Fantaisie, un disque regroupant des œuvres de Fauré, Ravel, Gounod, etc. par Magali Mosnier et l'Orchestre de la radiodiffusion de Munich, dir. Marco Amiliato (1 CD Sony).
Le concert du 16 janvier sera diffusé en direct sur France Musique et sur les radios de l'UER.
en savoir plus sur le concert du 16 janvier

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